Tribune Communiste 17

Ce site a pour but de faire connaître à ses visiteurs les opinions et les analyses d'un militant communiste du PRCF sur l'actualité politique nationale et internationale.

10 novembre 2009

BERLIN : LE REVISIONNISME A L'OEUVRE

UN ANNIVERSAIRE INDECENT

Enfin ce 9 novembre est passé et nous pouvons enfin respirer l'air d'une certaine liberté car hier on ne l'était vraiment pas libre, tout au moins au niveau des médias.

Il était en effet difficile de trouver une chaîne de télé ou de radio qui ne parlât point de la commémoration de "la chute du mur de Berlin" avec des commentaires du type leçon apprise par coeur.

Visiblement les grands de ce monde ou tout au moins leurs représentants et leurs plumitifs zélés célébraient à qui mieux mieux ce 20 éme anniversaire de la démolition du mur qui non seulement divisait Berlin mais avait le mérite de faire apparaître l'existence de l'état socialiste allemand qu'était la RDA, état qui nous permettait de pardonner au peuple allemand de s'être laissé entraîner dans les aventures criminelles et totalitaires des nazis , des fascistes et des impérialistes allemands.

Ainsi donc le journal "Le Figaro" ne se gênait pas pour titrer à la UNE : " 1989, la mort du communisme".

A l'heure où la crise financière fait apparaître ce qu'il en est du capitalisme et la nécessité de le liquider et non pas de le réformer , le moraliser comme le disent entres autres les sarkozistes et les socialistes,  ces messieurs de la finance essaient de se rassurer comme ils peuvent.

Si le communisme était vraiement mort  utiliseraient-ils de tels moyens pour essayer de le pourfendre.

En fait le communisme vit toujours dans le coeur de nombre d'hommes , de travailleurs ,de progressistes en France et dans le monde en dépit de ceux qui nous disent d'abandonner le combat et de nous contenter de l'ordre naturel existant.

Oui nous les communistes , fiers et indomptables nous voulons, nous militons toujours pour le socailisme ,seule alternative à la barbarie capitaliste.

Oui nous sommes solidaires des communistes qui en Europe, malgré la domination de la droite secondée par ses alliés sociaux-démocrates ,comme le PS français, continuent le combat dans des conditions difficiles.

Nous saluons également les avancées socialistes et communistes en Amérique latine, en Asie, en Chine, Cuba etc..

Mais nous sommes tristes en même temps de voir les héritiers du nationalisme et des impérialistes allemands tirer  un trait sur la défaite qu'ils avaient subi en 1945 et qui  vaincus par l'Armée Rouge et les milliers de résistants de toute l'Europe apparaîssent maintenant comme des vainqueurs cyniques  menteurs et révisionnistes.

Je le dis tout net l'image que je préfère de Berlin c'est celle où l'on voit un soldat soviétique hisser le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau sur le Reichtag le 1er mai 1945.

Ce n'est pas celle des enfants de la bonne bourgeoisie berlinoise paradant sur le mur, avec ou sans Sarkozy, en novembre 1989 .

Jean-Yves

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03 novembre 2009

11 NOVEMBRE : LA "KOLLABORATION DE RETOUR"

NON AU NEGATIONNISME HISTORIQUE

Après avoir fait défiler la Bundeswehr sur les Champs Elysée sur l’air de la “Walkyrie”, Sarkozy voudrait dévoyer la signification du 11 novembre 1918.

Effaçant la signification mémorielle de l’armistice, le pouvoir veut relancer l’axe impérialiste franco-allemand en faisant de cette date, celle de la défaite des Puissances centrales devant ses concurrents impérialistes de l’Entente en une grande date de l’amitié franco-allemande!

Mais ce n’est pas parce que deux impérialismes prédateurs s’allient au lieu de s’affronter qu’ils sont moins dangereux pour les peuples en général, et pour leurs peuples respectifs en particulier!

Ce recyclage européiste du 11 novembre constituerait en outre un manque flagrant de respect à la mémoire des millions de jeunes soldats français, anglais, allemands, etc.; quels que soient les objectifs propagandistes actuels de Sarkozy et de Merkel, les soldats qui se sont affrontés pendant ces années terribles, croyaient sincèrement défendre leur patrie respective contre un envahisseur; certes, on les avait trompés et l’écrivain Anatole France (qui adhérera au jeune PCF dès 1920 ) avait alors bien raison de dire  :  “On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels”.

Qu’ils aient eu tort ou pas, il faut respecter leur mémoire et ne pas changer a posteriori la signification qu’ils donnaient à leur engagement au lieu d’utiliser cette date pour des objectifs cyniques de récupération politique.

A nos yeux de patriotes ET d’internationalistes, dont les anciens ont toujours dénoncé, -de Barbusse à Vaillant-Couturier, le carnage impérialiste de 14/18, le 11 novembre a toujours été une occasion pour condamner toutes les guerres et tous les blocus impérialistes, celles et ceux d’hier, celles et ceux d’aujourd’hui (Irak, Afghanistan, Irak, Palestine, Cuba…) et celles et ceux que les impérialismes coalisés derrière Washington préparent pour demain avec l’appui de Sarkozy et de Merkel contre l’Iran et contre d’autres pays.

Cette tradition-là existe… depuis 1918, la continuer n’est pas attenter à la mémoire, bien au contraire, et le PRCF appelle à la réactiver partout, non pas autour de l’Axe Berlin-Paris, mais contre lui.

Car l’Axe euro-germano-français mérite si peu d’être célébré qu’il est porteur des deux côtés du Rhin d’un démontage géant des acquis sociaux et des libertés publiques au nom de la “construction européenne”.

S’agissant de la France, l’impérialisme “français” porte même un projet ultra-réactionnaire de démontage total de la nation et de la République, de ses acquis sociaux, de ses services publics, de son “produire en France”, de sa laïcité, de sa souveraineté, et même de sa langue de plus en plus sacrifiée au “tout-anglais” par le MEDEF.

Comme ses précurseurs du Comité des Forges qui déclaraient en 1936 « préférer Hitler au Front populaire”, le grand capital d’origine hexagonale préfère ouvertement la “French’ Europe” néolibérale et la “Françallemagne” antisociale au legs encombrant de la Révolution démocratique-bourgeoise de 1789 ; il veut avant tout liquider ICI toute perspective de “tous ensemble” des travailleurs et de la jeunesse, tout espoir de front unique des républicains dans l’esprit du 29 mai 2009 pour sortir le pays du broyeur européen et engager un processus de rupture avec la domination des monopoles capitalistes.

N’ayant rien de bon à proposer pour l’avenir des peuples, l’impérialisme “franceuropéen” en est réduit à réviser l’histoire et à multiplier les commémorations réactionnaires.

Ainsi du 9 mai, où la victoire de la coalition antifasciste incluant l’URSS sur Hitler est systématiquement occultée par la célébration de la lugubre Europe de Maastricht.

Ainsi du 9 novembre prochain, où le choeur anticommuniste s’apprête à criminaliser le communisme, à amalgamer les héros de Stalingrad au nazisme exterminateur, le but étant de conjurer l’idée de révolution socialiste qui renaît dans le coeur des peuples.

Aussi appartient-ils aux vrais progressistes de célébrer l’AUTRE Axe franco-allemand, celui que symbolise le cri du métallo communiste Jean-Pierre Timbaud criant “vive le parti communiste allemand” au moment d’être fusillé par la Wehrmacht.

Soutenons les communistes allemands qui défendent la mémoire de la RDA et aussi celle d’Ernst Thälmann, président du KPD assassiné par les nazis, dont la Grande Allemagne “réunifiée” veut détruire le Mémorial.

Il appartient aussi à tous ceux qui refusent le négationnisme historique et qui veulent défendre le droit de l’humanité à un avenir de paix et de progrès de participer massivement au RASSEMBLEMENT DU SAMEDI 7 NOVEMBRE 2009, devant le Métro Stalingrad à Paris, à 15 heures, à l’appel du PRCF, de l’URCF, du RCC, de plusieurs animateurs parisiens du PCF, de la section de Douai du PCF, avec le soutien des PC de Grèce, Cuba, Algérie (PADS), Brésil, Espagne (PCPE).

Rappelons en effet que c’est la Révolution russe d’Octobre 1917, et notamment le décret de Lénine sur la Paix, qui rendit très difficile la poursuite de la guerre inter-impérialiste et de ses tueries en montrant à tous les travailleurs la voie de la “transformation de la guerre inter-impérialiste en insurrection révolutionnaire anticapitaliste à l’intérieur de chaque pays.

Le 7 novembre, contre les négationnistes des deux côtés du Rhin, clamons-le haut et fort: “le capitalisme mène l’humanité dans le mur, l’avenir appartient au communisme!”.

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GLOIRE A LA REVOLUTION D'OCTOBRE

7 NOVEMBRE METRO STALINGRAD PARIS

Nous sommes plus de 700 à avoir signé la pétition du 23 août et, ou l’appel des 60 partis ou mouvements communistes pour dire fermement NON à la criminalisation du communisme, NON à la chasse aux sorcières conduite par l’Union Européenne, dont tous les rouages sont au service de la dictature impitoyable du grand capital.

Les falsificateurs anti-soviétiques forcenés veulent prendre leur revanche sur Stalingrad.

Au coeur d’une campagne médiatique sans précédent se trouve le rapport du libéral-fasciste Lindblad.

Il déclare la guerre à la lutte des classes, aux nationalisations, à la revendication de l’égalité et à la justice sociale, qui servent dit-il, de couverture à la théorie de la dictature du prolétariat.

Dans le débat au conseil de l’Europe, le sénateur Pozzo di Borgo s’en est pris violemment à Lionel Jospin.

On commence par les communistes… comme en d’autres temps.

Il faut sortir de l’anti-communisme et reconstruire, autour de la classe ouvrière, l’union du peuple de France dans un nouveau conseil national de la Résistance.

Notre action contre les députés de la honte, héritiers des munichois et du pétainisme, dont Vincent Peillon (PS) et Bruno Gollnisch (FN), Catherine Trautmann (PS) et Alain Lamassoure (UMP), Françoise Castex (PS) et Françoise Grossetête (UMP), Hélène Flautre (écologie) et Stéphan le Foll (PS), a été très efficace.

Ils sont sur la défensive et ont subi, le 23 août, un échec total en France.

Il doit en être de même pour ceux qui préfèrent le 9 novembre pour une journée similaire, qui serait insultante pour la Nation.

Le front de lutte s’élargit puissamment.

Notons que l’ARAC publie dans le Réveil un dossier accusateur pour le couple munichois Daladier-Chamberlain à propos du pacte.

Le collectif Maquis de Corrèze avec sa lettre ouverte du 8 mai a reçu l’accord de députés communistes, socialistes, nouveau centre, UMP et d’Edith Cresson, ancien premier ministre.

AMPLIFIONS LA RIPOSTE DANS L’UNION, JAMAIS LA FRANCE NE TRAHIRA LES HEROS ET LES MARTYRS DE SA RESISTANCE, NI CEUX QUI TERRASSERENT L’HITLERISME.

À l’initiative du Pôle de renaissance communiste en France, des organisations communistes, des militants, des élus et des organisations du PCF, ainsi que des partis frères, ont pris la décision d’organiser un rassemblement,

Le 7 novembre, au métro Stalingrad, à 15 h, à Paris.

Le capitalisme mène l’humanité dans le mur ! Honneur à la Révolution d’Octobre, aux héros de Stalingrad et aux antifascistes.

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15 octobre 2009

AFGHANISTAN : LES ITALIENS FINANCENT LES TALIBANS

POUR UN RAPPEL DES TROUPES FRANCAISES D'AFGHANISTAN

Nous venons d'apprendre ce matin que les militaires italiens présents en Afghanistan achètent les maquisards talibans et les seigneurs de la guerre en leur versant d'importantes sommes d'argent.

Ainsi donc les soldats français auraient été tués par des combattants financés par un Etat membre de l'OTAN et de l'UE.

Il est grand temps de se retirer d'Afghanistan, mais aussi de l'OTAN et de l'UE.

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UN PRIX NOBEL DESHONORANT

DYNAMITER LE PRIX NOBEL?

Communiqué du Secrétariat du PRCF du 10 octobre 2009

Ils avaient déjà décerné le Nobel à Kissinger, l’homme qui installa Pinochet au Chili et qui écrasa le Viêtnam sous le napalm.

Et en cherchant bien, à quelques exceptions près, ils ont attribué leur prix de moins en moins valorisant aux pires faucons du monde contemporain: quand il est au service du capital, le boucher devient colombe, quand il sert le communisme ou l’émancipation des peuples, le plus grand humaniste devient un “nouvel Hitler”…

Et voilà que l’élite de la grande bourgeoisie suédoise, celle-là même qui à travers le rapport Lindblad a pris l’initiative de la criminalisation pan-européenne du communisme, attribue cette récompense déshonorante à Obama.

Et cela, au moment même où celui-ci s’efforce de mobiliser l’opinion pour une guerre totale en Afghanistan.

A la décharge d’Obama, notons que celui-ci a eu l’honnêteté d’afficher sa surprise car il sait très bien qu’il n’a, et pour cause, pas fait grand chose pour la paix: prisonnier du complexe militaro-médiatico-industriel dont les campagnes de presse font l’opinion aux Etats-Unis d’Amérique, Obama n’a cessé de reculer devant les maffias capitalistes.

Il a maintenu le criminel blocus contre le peuple cubain et il n’a pas bougé un doigt pour faire rejuger les Cinq Cubains de Miami ou Mumia Abu Jamal.

Si Obama annonce un retrait d’Irak, c’est avant tout parce que l’armée US ne parvient pas à “tenir” le pays.

Certes il a semblé avoir une politique plus prudente à l’égard de l’Iran et de la RPD Corée; certes, il a provisoirement mis un terme au projet de bouclier antimissile permettant d’attaquer atomiquement la Russie en évitant la riposte et il ne donne pas a priori son blanc-seing à toutes les exactions du gouvernement semi-fasciste d’Israël contre les Palestiniens: qu’importe puisque le gouvernement israélien poursuit sereinement sa politique génocidaire… en se passant de la bénédiction de Washington, du moment que celui-ci continue d’armer Tsahal et de “couvrir” les violations sans nombre du droit international par le fascisant pouvoir israélien.

Mais cette politique de la “main tendue” à l’Iran n’est jamais très éloignée de celle du gros bâton et l’on a vu récemment le trio impérialiste Sarkozy, Obama et Gordon Brown menacer en choeur l’Iran d’une intervention militaire…

Si bien qu’en attribuant le Nobel à Obama au moment même où des dizaines de milliers de soldats américains s’apprêtent à partir pour Kaboul et où la pression sur Téhéran s’accroît, les “Nobel” s’engagent d’avance dans les prochaines “croisades de la paix” que l’impérialisme US va mener pour “défendre les droits de l’homme”… et poursuivre par d’autres voies la recolonisation du “grand Proche Orient” voulue par Bush…

Si l’on ajoute à cela que les Nobel de science récompensent de moins en moins des travaux de recherche fondamentale, qu’ils favorisent systématiquement les labos US et que le tout récent Nobel de littérature vient de récompenser, à quelques semaines du 20ème anniversaire de l’implosion de la RDA, un auteur bulgare violemment anticommuniste émigré en Allemagne, on voit à quoi sert en réalité, sauf exceptions qui confirment la règle, l’Académie Nobel qui est à la culture et à la paix ce que le G8 est à l’économie et ce que l’OTAN est à la paix:

un pur repaire de l’impérialisme euro-atlantique usurpant le titre de “communauté internationale”.

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10 octobre 2009

DU CÔTE DES REVUES : LA LETTRE DE "BASTILLE REPUBLIQUE NATIONS"

LE N° 45 DATE DU 6 OCTOBRE 2009  EST PARU

Au sommaire de ce numéro de La Lettre de "Bastille République Nations" :

La situation en Union Européeenne après le vote OUI des Irlandais et le blocage tchèque.

Analyse des résultats des élections allemandes de septembre.

Le révisionnisme historique en Lettonie  où l'on renverse les rôles, les nazis et leurs collaborateurs étant présentés comme des héros alors que les résistants antifascistes et antinazis sont eux présentés comme des criminels et poursuivis en justice par les autorités, sous l'oeil bienveillant des dirigeants de l'UE.

L' Europe de la défense.

Le projet de transformation de la poste française.

Crise de l'agriculture(lait , fruits légumes)

Critique livres etc...

courriel : amisbrn@yahoo.fr

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LES INTELLECTUELS CONTRE LA GAUCHE

AUX SOURCES DE LA DROITISATION DE L'INTELLIGENTSIA FRANCAISE

Une relecture historique majeure de la notion de totalitarisme dans les années 1970 et de son instrumentalisation politique.

Les intellectuels contre la gauche. L’idéologie antitotalitaire en France (1968-1981), de Michael Scott Christofferson, traduit de l’anglais par André Merlot, préface de Philippe Olivera. Éditions Agone, 2009, 448 pages, 25 euros.

Voilà un grand livre, primitivement publié en 2004, enfin traduit en français et qui va causer beaucoup d’émoi chez nombre d’anciens gauchistes et pas mal d’actuels hiérarques, ci-devant de « gauche », aujourd’hui ralliés à toutes les variétés de libéralisme, de néolibéralisme, de sarkozysme, de pseudo-socialisme, bref qui ont fait retour dans le bercail capitaliste.

On ne saurait évidemment en quelques mots rapporter à une simple épure le fruit d’une enquête aussi approfondie et qui redresse tant de lieux communs.

Mais ce que le livre démontre pas à pas, à travers une initiale comparaison du cas français (surtout parisien) avec celui d’autres principaux pays d’Europe, est d’une importance capitale pour comprendre l’état actuel de l’opinion politique française.

On y voit comment, à la suite de l’usage de la catégorie de l’antitotalitarisme qui fit florès entre 1956 et 1970, beaucoup d’intellectuels français se sont engagés dans un combat systématique contre les communistes qui avaient la faveur de beaucoup d’entre eux depuis la Libération, en prenant appui sur les errements commis dans les pays soumis au modèle soviétique, précisément au moment critique où celui-ci montrait son maximum d’obsolescence.

De 1968 à 1981, l’intelligentsia française la plus en vue (les clercs) a donc réuni tout un arsenal idéologique, puisant à gauche et à droite les matériaux de son argumentaire, lequel a préparé la défaite des idéaux théoriques fondateurs de la gauche et du socialisme.

Cette défaite a préparé la révolution conservatrice, finalement victorieuse à la fin du siècle.

Le rappel de ce schéma, que d’autres auteurs avaient déjà imaginé, ne rend cependant pas compte de la richesse concrète et de la subtilité du livre de Christofferson.

Historien pragmatique, scrupuleux, sans préjugés comme on l’est si souvent sur les campus américains, l’auteur est parti d’une interrogation simple : quels sont la portée du concept d’antitotalitarisme, son origine, ses effets idéologiques et politiques ?

Qui l’a introduit en France dans le champ de l’opinion, quand, à quelles fins, avec quelle acception éventuellement changeante ?

Pour répondre à ces questions, l’auteur, brillant élève de Robert Paxton, a dépouillé une immense littérature, la presse, les hebdomadaires (Le Nouvel Observateur…), les revues (Esprit, Les Temps modernes…), exploité les ouvrages des mémorialistes, lu des quantités d’essais, de discours, de justifications, de pamphlets, toute une littérature, américaine, française, cosmopolite.

Le résultat de sa synthèse est saisissant.

D’abord, des figures de proue apparaissent, Merleau-Ponty, Sartre évidemment, saisi successivement dans toutes ses contradictions vivantes, Lefort, Jean-Marie Domenach, Jacques Juillard, Foucault, les nouveaux philosophes, les maoïstes, les tiers-mondistes, les porte-parole des diverses variantes du gauchisme universitaire, d’autres encore, Jean Daniel émergeant en frégoli disert au milieu de cette mêlée…

Mais c’est la figure quasi terminale de François Furet, dont Christofferson avait déjà traité dans un article de la revue French Historical Studies, qui finit par révéler l’origine du prétendu mal français : la survie dans l’inconscient national du message de la Révolution française et de ses illusoires dérapages populaires.

Furet devient ainsi l’opérateur ultime de cette marche à la contre-révolution du XXe siècle : laquelle n’a pu s’imposer dans l’opinion qu’en raison du fait que la plupart de ses initiateurs venaient précisément de la gauche, même la plus radicale. Naturellement, le livre fera débat.

Deux questions immédiates.

Premièrement, peut-on imputer ce basculement de fond, qui a touché tout l’Occident et l’Europe dans la seconde moitié du XXe siècle, à la seule responsabilité des intellectuels, notamment français ?

En second lieu, ne majore-t-on pas la profondeur de l’adhésion initiale des « intellectuels » les plus en vue au communisme et à la gauche ?

Étaient-ils majoritairement si détachés qu’on le dit de toutes les formes de corruption matérielles, intellectuelles et morales que procure une société de classe particulièrement intégratrice ?

Vastes problèmes, que le livre impitoyable de Christofferson conduira peut-être à discuter.

Claude Mazauric, historien

L'Humanité du 9 octobre 2009

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09 octobre 2009

CORBEIL : VALLS TIRE SUR LA GAUCHE ET FAVORISE L'UMP

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SUR UN AIR D'ANTICOMMUNISME

Polémique . Selon le maire d’Évry, le « leadership des communistes » expliquerait l’échec de la gauche à Corbeil-Essonnes dimanche dernier.

En disgrâce dans son propre parti - Martine Aubry lui ayant vigoureusement suggéré de se radoucir ou de quitter le PS -, Manuel Valls se cherche-t-il de nouveaux boucs émissaires ?

L’homme le plus droitier du Parti socialiste croit avoir découvert l’unique explication à la défaite de la gauche, à 27 voix près, face à l’UMP, dimanche, au second tour de l’élection municipale partielle de Corbeil-Essonnes : la liste d’union de la gauche était conduite par un communiste…

« Ce nouvel échec de la gauche (…) démontre (…) qu’un leadership de second tour assuré par le Parti communiste n’est pas en mesure, à Corbeil-Essonnes, de susciter l’élan nécessaire à la victoire », explique doctement, et sans le moindre argument politique, le maire d’Évry (Essonne) sur son blog.

Autrement dit, selon Manuel Valls, la sagesse eût commandé au candidat communiste, Michel Nouaille, arrivé en tête au premier tour avec 24,3 % des voix, soit près de 6 points devant le candidat PS Carlos da Silva (18,9 %), de se désister en faveur de ce dernier.

Sans expliquer cependant pourquoi la popularité attendue au second tour du candidat PS ne lui a pas permis de réunir plus de suffrages dès le premier.

« Un anticommunisme d’un autre temps », a réagi hier Bruno Piriou, candidat PCF opposé à Serge Dassault en 2008.

« Je suis choqué de l’aspect politicien de la réaction du député Manuel Valls. Les démocrates et les républicains pouvaient s’attendre à une tout autre déclaration que celle qu’(il) a faite », a-t-il insisté.

Une réprobation relayée par Pierre Laurent, coordinateur national du PCF, pour qui : « Manuel Valls épargne dans cette déclaration le système Dassault, les diffamations et les insultes à la démocratie qui ont accompagné la campagne, et il passe sous silence les divisions de la gauche qu’il a lui-même malheureusement entretenues. »

Et de préciser que ces propos « venu d’un homme qui a brillé par son absence dans la bataille qui vient de se mener (à Corbeil-Essonnes), résonnent comme un aveu.

Pour ceux qui avaient déjà plus qu’un doute sur l’ardeur mise par Manuel Valls à battre la droite de Serge Dassault, il est levé », conclut Pierre Laurent. «

Ce sont les électeurs de gauche qui ont choisi leur tête de liste », affirme de son côté François Lamy, secrétaire national du PS, ajoutant : « ce qui a fait perdre la gauche, ce sont ses divisions ». Isolé au PS, méprisant avec ses partenaires de gauche, Manuel Valls semble chercher désespérément à droite la porte du Modem.

Frédéric Durand

Source : Humanité du 8 octobre 2009

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08 octobre 2009

LA DECONFITURE DU SOCIALISME FRANCAIS ET EUROPEEN

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LE DECLIN DU SOCIALISME

La chronique de Cynthia FLEURY

En ces temps de droitisation tous azimuts, il n’y a guère que le socialisme portugais pour redorer le blason rose.

Hélas, son récent succès aux élections législatives nationales contrebalancera peu la déconfiture actuelle du socialisme européen sans parler de celle du socialisme français.

À lire le dernier numéro de la revue le Débat (Gallimard, nº 156, septembre-octobre 2009), consacré au déclin de la gauche occidentale, la faute n’est peut-être pas proprement française car le modèle socialiste peine à s’imposer devant une « droite nouvelle » qui a su customiser les fondamentaux de la gauche sans toucher plus en amont ses vrais réquisits d’égalité et de justice sociale. Une manière de faire qui ravirait tous les amateurs du façadisme.

Raffaele Simone, professeur de linguistique à l’université Rome-III, revient sur ces transfigurations douloureuses et inefficaces de la gauche, notamment en Grande-Bretagne et en Italie.

Les deux ayant été paradigmatiques d’un nouveau prototype, la « gauche superlight » ou l’application de la devise « il faut s’édulcorer avant de fusionner ».

Ce qui autrefois s’appelait la gauche, poursuit-il, est aujourd’hui « une mixture de forces disparates et souvent conflictuelles, avec une origine historique, idéologique et morale variée, traversée tout à la fois par des courants confessionnels et des regrets staliniens récurrents ».

En France, qui saurait dire ce qui différencie de façon précise un Pierre Moscovici d’une Ségolène Royal, d’un Dominique Strauss-Kahn, d’un Bertrand Delanoë, d’un François Hollande, d’un Vincent Peillon, d’un Manuel Valls, d’une Martine Aubry… sans oublier les Lionel Jospin et Laurent Fabius qui semblent parfois manifester un certain goût de « revenez-y »… Qui saurait ? Et pourtant rien n’est plus sûr que leur prochain affrontement.

Certes, on peut adhérer à la thèse de la droitisation de l’Occident, formulée par Raffaele Simone…

En même temps, personne ne peut nier que l’échec du socialisme et son improbable transformation social-démocrate se sont accompagnés d’une « gauchisation de la droite ».

Et Marc Lazar, professeur à Sciences-Po, de rappeler que la « gauche a contribué à construire une forme de l’identité européenne et (qu’)elle a puissamment modelé l’esprit des Européens au point que toute une partie de la droite a été contrainte de s’approprier ces réalisations ».

La gauche a, d’une certaine manière, moins failli à s’enraciner dans les mentalités qu’à capitaliser cet enracinement.

Il existe bel et bien une culture diffuse de la gauche même si, reconnaissons-le, les mécanismes moraux de la gauche - à savoir le « sacrifice, le renoncement et le transfert (d’une partie) de sa propriété à autrui » - tendent à disparaître face aux nouvelles « valeurs publiques » que sont la consommation, le succès et le divertissement.

Plus grave et déstabilisant, si le socialisme s’effondre, c’est parce que ses « présupposés culturels et moraux profonds » s’effondrent dans notre époque moderne. Et là c’est presque l’évolution de l’histoire morale des êtres humains qui joue contre lui.

Autrement dit, la droite fonctionne bien dans notre société mondialisée, égoïste, hyperindividualiste parce qu’elle est elle-même du côté de la contrexemplarité.

Tel n’est pas le cas de la gauche qui défend, par nature, une posture exemplaire, éthique, et plus précisément « restrictive, pénitentielle et misérabiliste ».

Restrictive, « parce qu’elle présuppose le renoncement au moins partiel à la propriété ».

Pénitentielle, « parce qu’elle privilégie l’engagement (qui comporte de la peine) ».

Misérabiliste enfin, parce qu’elle est du côté du paupérisme et pratique la devise « permettez que les pauvres (du monde entier) viennent à moi » au lieu de l’inverse « maintenez les pauvres du monde loin d’ici ».

Qu’opposer à cet argument qui consiste à définir les positions de gauche comme strictement artificielles et contre-naturelles ?

Certes, cela n’est pas faux mais, comme le soulignent les lacaniens, tout argu-ment. Et d’ailleurs, l’histoire a su donner de beaux moments à cette anti-naturalité !

L’artificieux, le laborieux ont bel et bien su construire aussi l’histoire des hommes libres et égaux…

La naturalité reste donc en politique le plus sûr chemin du déclin.

Comble du cynisme, et Marcel Gauchet, directeur de la revue, de le souligner : la crise actuelle vient d’offrir une « occasion providentielle » au président de la République française pour penser un acte II de sa mandature et s’offrir un visage plus gaullien et, de facto, plus socialiste, en revendiquant la régulation et la moralisation de la mondialisation.

Article publié dans "l'Humanité" du 7 octobre 2009.

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07 octobre 2009

OUI AU PROGRES, NON A L'OBSCURANTISME

Ce texte ayant été refusé par "L'Humanité" nous le publions volontiers sur notre blog .

Les idées dominantes sont celles de la classe dominante

L’Homme par son activité industrielle serait responsable du réchauffement climatique.

Or, le GIEC n’est pas une institution scientifique, mais une création politique.

Ses membres nommés par les gouvernements ne sont pas tous des scientifiques.

Le but du GIEC n’est pas de déterminer les causes du réchauffement climatique, « mais d’expertiser l’information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l’homme ».

Fort de sa lettre de mission, le GIEC n’a de cesse de démontrer le bien fondé du présupposé qui a amené sa création.

Le discours du GIEC ne constitue pas une vérité scientifique.

Il n’y a aucun consensus scientifique sur l’origine du réchauffement climatique.

L’appel d’Heidelberg (1992), la déclaration de Leipzig (1996), la pétition de l’Oregon (1998), sont autant de manifestations de scientifiques qui ont tenu à marquer publiquement leur opposition aux conclusions du GIEC.

Cette opposition s’est structurée en se constituant en Groupement Non Gouvernemental d’Etude sur le Climat, qui vient de rendre public cette année son second rapport.

Pour ces scientifiques, il n’existe aucune certitude d’une responsabilité majeure du C02 dans le réchauffement climatique.

Ce dernier serait la conséquence de phénomènes naturels encore insuffisamment compris, qui sont à l’origine de l’alternance de périodes de refroidissement et de réchauffement que la terre connait depuis des millions d’années.

Qu’il n’y ait pas unanimité chez les scientifiques sur l’origine du réchauffement n’a rien d’étonnant. Il en est souvent ainsi en recherche.

Mais il n’y a aucun débat scientifique. Il y a une science officielle avec ses scientifiques bien en cours dont les médias et la presse distillent en permanence le discours.

Ceux qui pensent différemment n’existent pas. Le pouvoir politique en France avec le Pacte pour la recherche et la LRU vassalise la totalité des institutions scientifiques.

Le CNRS n’est plus un organisme de débats scientifiques.

Certains scientifiques peuvent trouver intérêt à s’inscrire dans la pensée dominante. Ils y gagnent financements et notoriété.

Quel peut être l’intérêt pour la bourgeoisie de valoriser la thèse du réchauffement climatique d’origine humaine ?

En 1972, le Club de Rome commandita le rapport « Halte à la croissance »  afin de justifier les fermetures massives d’entreprises. Ce rapport sous prétexte de protection de l’environnement était un hymne à la décroissance.

La force du mouvement de lutte fit que ce rapport ne rencontra aucun écho favorable, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement.

Afin d’intégrer ces derniers à leurs stratégies, les bourgeoisies des pays occidentaux élaborèrent le concept de la préservation de l’environnement dans le développement économique.

Dans le courant des années 1970 va se forger le concept de l’écodéveloppement puis en 1980 celui du développement durable.

La tautologie du développement durable peut se résumer ainsi « le fait d’améliorer les conditions d’existence des communautés humaines, tout en restant dans les limites de la capacité de charge des écosystèmes ».

Ce n’est que la reprise ripolinée du rapport du Club de Rome.

Les forces du capital des pays occidentaux ont fait le choix d’arrêter le développement en Europe. Leurs zones de profit sont ailleurs.

La nécessité de réduire l’activité économique afin de réduire la production de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique est l’idéologie d’acceptation de l’austérité.

Il faut accepter les sacrifices pour sauver la planète.

La taxe carbone et les éco-taxes en sont l’illustration.

Les associations écologistes viennent en renfort du pouvoir en martelant l’idée que la sauvegarde de notre environnement dépend d’une somme de comportements individuels. La défense légitime de la nature est instrumentalisée afin de pérenniser l’ordre social.

La classe dominante a besoin d’une idéologie intégratrice.

Le développement durable est cette idéologie. Qu’importe si elle favorise l’irrationnel, du moment qu’elle permette de pérenniser l’ordre social.

La violence sociale, la déréglementation, l’incertitude du lendemain, l’instabilité internationale constituent un terrain favorable aux peurs, à l’irrationnel.

Ces peurs sont alimentées par la plupart des associations écologistes qui assimilent modernité et catastrophes et prônent le retour à un passé mythifié.

Si l’Homme est responsable du réchauffement climatique, il faut alors limiter sinon arrêter la croissance de l’Humanité. C’est dénier aux pays émergents le droit d’accéder à notre niveau de développement, c’est les condamner à rester dans le sous développement et la pauvreté endémique.

C’est l’autre raison du soutien des bourgeoisies occidentales à la théorie de réchauffement climatique d’origine humaine : limiter le développement des pays émergents afin qu’ils ne jouent pas un rôle politique correspondant à leur importance économique croissante! L’ordre capitaliste occidental doit être préservé. Il est évident que les pays émergents ne sont pas prêts à accepter le discours des donneurs de leçons.

C’est pourquoi, la conférence de Copenhague sera un échec. Il n’y aura pas de Kyoto 2 ! Et alors, quelle importance ! Le climat n’a jamais été immuable.

Chaque période de réchauffement a toujours été bénéfique pour la vie (l’ère secondaire l’atteste) et pour l’activité humaine (l’optimum médiéval). Personnellement, je crois en la capacité humaine à affronter et résoudre les défis du développement.

Lorsque le salariat se lèvera massivement contre un système économique et social qui l’asservit, il balayera toutes ces idéologies de la désespérance qui mettent en cause l’idée même de progrès et contribuera à remettre l’Homme au centre de la société et le monde à l’endroit.

Gilles Mercier

Travailleur scientifique

PCF Vitry

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